Tuesday, March 23, 2010

Décrassage – J29

Ce week-end, c’était la 29ème levée du meilleur championnat du monde. Bon c’est vrai, on n’a pas vraiment d’argent, pas vraiment de stade et pas vraiment de buts. Mais ça, on s’en fout car la Ligue 1, c’est bien plus que ça. C’est un quart de finale 100% vin rouge, des morts devant les stades et le GF38, meilleure équipe européenne dans la catégorie "Equipe la plus pathétique". Cocorico…

Qu’on se le dise, les petits détails nous empoisonnent l’existence. Futiles et négligeables, ils nourrissent pourtant nos pensées du son du réveil jusqu’à la fermeture de notre paupière au coucher. Évidemment, les détails qui survivent sont ceux marqués du sceau du regret. Et hier, ce n’était pas le ton stupide qu’il avait pris avec la fille secrètement aimée depuis deux ans ou le fait qu’il ait encore brûlé une casserole en faisant cuire du riz qui restait en travers de la gorge du supporter lyonnais. Non, c’était bel et bien ces deux maudits poteaux frappés par Delgado et Pjanic au début de chacune des deux mi-temps. Des petits détails aux conséquences catastrophiques. Les lyonnais semblent devoir abandonner tout espoir de reconquête du Graal hexagonal. Oscar Wilde disait que « les détails étaient vulgaires et que nous devrions ne pas nous en souvenir afin de garder la couleur de la vie ». Pour l’OL, la couleur de la vie, c’est peut être donc ce quart de finale de Ligue des Champions contre Bordeaux qui approche. Mal en point et décevant en Ligue 1, l’OL n’a paradoxalement jamais paru aussi proche d’une conquête européenne et de faire de la déroute en championnat un détail quelconque d’un triomphe bien plus gigantesque.

En attendant, Lyon peut toujours pester contre cette défaite au Vélodrome. Le souvenir de ces deux poteaux et de la frappe improbable et contrée de Charles Kaboré pourrait même pousser Aulas et les siens à mettre tout ça sur le dos de la malchance ou de la fatalité. Sur le dos de Dieu même. Mais ils auraient tort. « Dieu n'entre pas dans les détails. Les détails, il les abandonne à la créature, pour que la demi-liberté de l'homme trouve à s'employer » (Jankélévitch). Le succès d’un champion repose sur l’attention prêtée à ces petits détails. Il fut un temps où les poteaux, les contres et les décisions arbitrales se rangeaient du côté lyonnais. Mais tout porte à croire que le vent a tourné. L’an passé, Bordeaux avec ses penaltys généreux, ses buts dans les dernières secondes et ses joueurs en réussite avait récupéré un titre confisqué depuis trop longtemps par l’Olympique Lyonnais. Cette saison, il est beaucoup trop tôt pour aller tirer quelques plans sur la comète mais tout porte croire que Marseille pourrait bien être le Bordeaux de l’année passée. Elimination plutôt savourée de l’Europa Cup, un calendrier final plutôt facile et une finale de Coupe de la Ligue. Ca rappelle quelque chose, non ? Alors oui, ce sont des détails. Mais de la perfection des détails repose le succès…

Et s’ils demeurent bien des concurrents aux Bordelais et aux Marseillais dans la course au titre, il demeure assez illusoire et fantasmagorique d’imaginer Montpellier ou Auxerre s’installer sur le toit de notre beau pays. Maintenant, c’est le genre de phénomènes qu’aime à exagérer les médias à grands coups de « Et si… » et de « Peuvent-ils… ». Pourtant, comme Sedan, Troyes, Toulouse et bien d’autres auparavant. Dans le sprint final, il n’y a plus de place pour les effets de surprise et les errements des très grosses cylindrées. La belle saison de ces invités inattendus sera bientôt à classer au rang des rafraichissantes anecdotes. Comme l’an passé, Marseille, Bordeaux et Lyon vont désormais serrer le jeu et entamer leur traditionnelle série de victoires simplement interrompue par la confrontation directe entre Girondins et Rhodaniens à la mi-avril. L’an prochain, Montpellier et Auxerre retrouveront l’autre moitié de tableau et se remémoreront nostalgiques, leur belle aventure, devenue simple détail de l’histoire. Une Histoire qui dira peut être que l’OM a enfin remporté un titre, un poil assombri par le triomphe d’un des ses adversaires domestiques dans la plus grande compétition du monde de clubs. Et on n'aurait alors que faire des détails...

T.B

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